L’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) fait face cet automne à une baisse drastique de ses inscriptions d’étudiants internationaux. Conséquence des récents resserrements des politiques d’immigration au Canada et au Québec, cette diminution transforme le paysage académique et économique de la Mauricie. Pour la rentrée 2026, l’établissement constate des pertes majeures qui résonnent bien au-delà de son campus.
Les chiffres clés de la rentrée 2026
La situation actuelle à l’UQTR reflète une tendance observée à l’échelle provinciale, mais la cadence du déclin y est particulièrement marquée :
- Une chute d’environ 24 % en un an : le nombre d’étudiants en provenance de l’international a diminué de près d’un quart entre 2025 et 2026, selon les chiffres rapportés dans les médias.
- Près de 1 000 inscriptions évaporées depuis 2024 : alors que l’université accueillait quelque 2 500 étudiants étrangers à l’automne 2024, certaines estimations rapportées situent ce bassin à environ 1 500 cet automne.
- Un choc financier de 23 millions de dollars : le recteur Christian Blanchette estime que cette diminution représente un immense manque à gagner sur deux ans pour les coffres de l’UQTR. Les étudiants internationaux paient des droits de scolarité nettement supérieurs, pouvant atteindre au moins 23 000 $ par année selon le programme et les exemptions applicables.
Les effectifs rapportés varient selon la date et le périmètre du décompte : Radio-Canada mentionne notamment 1 730 étudiants internationaux. Les comparaisons sur un an et depuis 2024 correspondent à des périodes différentes; les chiffres ci-dessus sont des ordres de grandeur rapportés, et non un décompte définitif.
Les causes derrière ce repli massif
Ce recul spectaculaire n’est pas le fruit du hasard, mais s’inscrit dans les dernières orientations politiques en matière d’immigration au pays.
Plafonds et restrictions des permis d’études
Le gouvernement fédéral a mis en place des limites concernant l’émission de nouveaux permis d’études afin de freiner la croissance du volume de résidents temporaires.
Incertitude entourant la résidence permanente
Les modifications récentes apportées aux programmes d’immigration créent une vive incertitude chez les candidats internationaux. La voie vers l’obtention de la résidence permanente après le diplôme est devenue plus complexe et dépend du programme et de la situation de chaque personne.
Baisse d’intérêt général
Fait révélateur, les demandes de permis d’études se situeraient désormais sous les plafonds fixés. Les barrières administratives ont refroidi de nombreux étudiants potentiels, qui choisissent d’autres destinations.
Des répercussions sur l’écosystème local et les services
La recherche et les cycles supérieurs sous pression
Les étudiants internationaux ne font pas que remplir les amphithéâtres; ils dynamisent l’économie locale et font avancer la recherche scientifique. À l’UQTR, les étudiants étrangers occupent une place névralgique au sein des équipes de recherche, particulièrement aux cycles supérieurs, à la maîtrise et au doctorat. Le milieu s’inquiète des ralentissements que cette diminution pourrait causer dans les laboratoires.
Logement, consommation et services d’accueil en Mauricie
Sur le plan régional, la soustraction d’un millier de résidents se traduit par une baisse de la demande en logements, en biens de consommation et en services professionnels. Sur le portail d’Assurance Bridges, nous accompagnons ces nouveaux arrivants dans leurs démarches de protection.
L’arrivée d’un étudiant étranger implique une multitude de démarches logistiques essentielles : assurance maladie lorsque la RAMQ ne s’applique pas, assurance habitation pour un premier logement québécois et, selon les besoins, protection automobile. La contraction de cette clientèle modifie l’ensemble de l’écosystème des services d’accueil et d’intégration en Mauricie.
Étudier à l’UQTR : vérifier son assurance maladie
Une baisse des inscriptions ne change pas l’importance d’une protection médicale adaptée. Avant de souscrire une assurance privée, vérifiez auprès de l’UQTR les exigences de son régime collectif et les possibilités d’exemption. L’admissibilité à la RAMQ dépend notamment des ententes de sécurité sociale et de votre situation personnelle.
Notre guide sur l’assurance maladie des étudiants internationaux au Québec explique les distinctions entre RAMQ, régimes universitaires et assurances privées. Pour les personnes admissibles à une solution individuelle ou complémentaire, consultez aussi les protections pour étudiants étrangers et le régime étudiant Travelance. Une assurance privée ne remplace pas automatiquement le régime obligatoire de l’université.
Perspectives pour la suite
Malgré ce choc frontal, l’UQTR tente de maintenir le cap. L’établissement a réussi à atténuer une partie de ces conséquences financières grâce à une légère hausse de ses inscriptions globales provenant des étudiants québécois. Néanmoins, l’attraction et la rétention des talents internationaux demeurent des enjeux cruciaux pour la pérennité et le rayonnement des universités situées en région.
Les prochains mois dicteront si les différents paliers de gouvernement ajusteront leurs politiques pour redonner un souffle à l’internationalisation de nos campus.
Sources et références
- Radio-Canada — politiques d’immigration et relève étudiante à Trois-Rivières.
- Immigrer.com — chute des inscriptions dans les universités québécoises.
- 106,9 FM — entretien sur le manque à gagner de 23 M$ à l’UQTR.
- UQTR — renseignements officiels et services aux étudiants.
Les exigences d’immigration et d’assurance peuvent évoluer. Confirmez votre situation auprès de l’université, de la RAMQ et des autorités compétentes.
