Façade vitrée du Collège Supérieur de Montréal au centre-ville de Montréal
Nouvelles · 29 juillet 2026

Fermeture, panique, puis sursis : ce que 878 étudiants internationaux viennent de vivre au Collège Supérieur de Montréal

Par Mahmadou Bah, étudiant du Collège Supérieur de Montréal, correspondant pour AssuranceBridges.ca — Montréal, le 29 juillet 2026.

Je fréquente le Collège Supérieur de Montréal (CSM), alors quand j'ai entendu dire que notre établissement — et son campus jumeau, le Collège Supérieur de Sherbrooke — risquaient de fermer leurs portes du jour au lendemain, ça m'a touché personnellement. Je vous raconte ici, en tant qu'étudiant qui a suivi ce dossier de près, ce qui s'est passé depuis deux semaines, entre panique généralisée et rebondissement judiciaire de dernière minute.

Le choc du 14 juillet : le ministère de l'Éducation refuse les permis

Tout a basculé quand le ministère de l'Éducation du Québec a refusé de renouveler les permis d'enseignement du CSM et de son campus de Sherbrooke. Résultat immédiat : 878 étudiants internationaux se sont retrouvés, du jour au lendemain, sans établissement pour terminer leur programme.

Le porte-parole du ministère, Bryan St-Louis, a expliqué que la décision faisait suite à « une analyse de leur situation à la lumière des exigences applicables », sans toutefois préciser publiquement les manquements reprochés, invoquant des procédures administratives toujours en cours.

« On se sent comme des victimes »

Pour bien des étudiants, dont plusieurs sont arrivés au Québec au terme d'un parcours long et coûteux, la nouvelle a été vécue comme une trahison. Omar Guemadi, qui étudie avec moi au CSM, a résumé le sentiment général : « En tant qu'étudiants pris au milieu de tout ça, on se sent comme des victimes ». Il a ajouté : « On a sacrifié tellement de choses, financièrement, émotionnellement, et on a traversé un parcours long et difficile qui a demandé beaucoup de courage et de patience. C'est pourquoi on ne veut pas que ces sacrifices soient vains ».

Beaucoup d'entre nous sont à quelques semaines seulement de terminer leur diplôme. Guemadi le rappelle : « Il ne me reste qu'environ un mois et demi, peut-être deux mois ».

Le casse-tête du CAQ « fermé »

Le ministère a bien tenté de rassurer les étudiants en leur offrant la possibilité de poursuivre leurs études dans d'autres établissements désignés, frais de scolarité exemptés pour le transfert. Mais dans les faits, la situation s'est révélée bien plus compliquée :

  • Plusieurs étudiants détiennent un Certificat d'acceptation du Québec « fermé », qui les lie spécifiquement à leur établissement d'origine.
  • Pour changer d'école, il faut d'abord obtenir un nouveau certificat — un processus que Guemadi qualifie de long et incertain.
  • Il faut ensuite demander un nouveau permis d'études auprès du fédéral.

Wahid Megherbi, fondateur du groupe Facebook Les Algériens de Montréal, a résumé l'ampleur de l'enjeu : « La plupart de ces étudiants sont à la toute fin de leur programme. Ils sont prêts à intégrer le marché du travail québécois. Finalement, c'est le Québec qui risque de perdre des travailleurs qualifiés et bien formés ». Il a aussi souligné un ras-le-bol grandissant face à l'instabilité réglementaire : « Les étudiants se demandent maintenant s'ils peuvent aller à Ottawa, Calgary, au Nouveau-Brunswick ou ailleurs. Plusieurs ne veulent plus rester au Québec parce que les règles changent tout le temps. Pas chaque année, mais presque chaque mois ».

Le revirement du 28 juillet : reprise des cours ordonnée par le tribunal

Coup de théâtre cette semaine : le Tribunal administratif du Québec a suspendu, mardi, la décision du ministère de ne pas renouveler les permis du CSM et du Collège Supérieur de Sherbrooke. Les deux établissements peuvent donc reprendre leurs cours immédiatement, offrant un répit à des centaines d'étudiants internationaux.

Noureddine Hajibi, directeur général des collèges, n'a pas caché son soulagement, qualifiant la décision « d'excellente nouvelle pour nos étudiants ». Il a ajouté : « Notre priorité a toujours été de protéger leur parcours académique et de leur éviter de subir les conséquences d'une décision précipitée et injustifiée du ministère de l'Éducation ».

De son côté, le ministère de l'Éducation est resté prudent, indiquant dans une déclaration écrite qu'il ne commenterait pas le dossier tant que les procédures judiciaires sont en cours.

Ce que ça signifie pour nous, étudiants

À retenir : les cours ont repris, mais le mot clé reste « pour l'instant ». Le litige entre le ministère et les collèges n'est pas réglé sur le fond, et personne ne peut garantir que la situation ne rebondira pas d'ici la fin de la session.

C'est exactement le genre d'incertitude que dénonçait Wahid Megherbi : des règles qui changent presque chaque mois, et des centaines de parcours de vie suspendus à une décision administrative.

Une leçon sur l'importance d'être bien couvert

En tant qu'étudiant international, ce dossier m'a fait réaliser à quel point notre statut peut basculer rapidement — que ce soit à cause d'un permis d'établissement, d'un certificat d'acceptation ou d'un permis d'études. Dans ce genre de zone grise administrative, avoir une assurance voyage ou une assurance santé adaptée à notre statut d'étudiant étranger n'est pas un détail : c'est ce qui peut éviter qu'une situation déjà stressante devienne aussi une catastrophe financière en cas de pépin de santé pendant la transition entre deux établissements ou deux permis.

  • Une couverture individuelle reste valide même si vous changez d'établissement.
  • Elle répond aux exigences du CAQ et de la plupart des collèges désignés.
  • Elle protège contre les frais médicaux d'urgence, l'hospitalisation et le rapatriement.

C'est un sujet que l'équipe d'AssuranceBridges connaît bien, et qui mérite d'être pris au sérieux par toute la communauté étudiante internationale au Québec.

L'essentiel en quatre points

  • 14 juillet 2026 : le ministère de l'Éducation du Québec refuse de renouveler les permis du CSM et du Collège Supérieur de Sherbrooke.
  • 878 étudiants internationaux se retrouvent sans établissement, plusieurs à quelques semaines du diplôme.
  • 28 juillet 2026 : le Tribunal administratif du Québec suspend la décision — reprise immédiate des cours.
  • Le litige reste ouvert : une assurance santé individuelle protège votre parcours en cas de nouvelle interruption.

Foire aux questions

Les questions que se posent les étudiants du Collège Supérieur de Montréal après la reprise des cours.

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