Alors que la rentrée scolaire était officiellement prévue ce jeudi 27 août 2026, les couloirs du Collège LaSalle, à Montréal, sont restés désespérément vides. À la place, c'est devant l'établissement que se sont rassemblés étudiants, professeurs et sympathisants, brandissant des pancartes « On veut étudier » et « J'apprends le français au Collège LaSalle ». Pour la deuxième année consécutive, la rentrée est suspendue, plongeant 3 000 étudiants et plus de 400 membres du personnel dans une incertitude totale.
Le nœud du problème : la Loi 96 et des amendes records
La crise trouve sa source dans l'application de la Charte de la langue française (Loi 96). Le Collège LaSalle a reçu des amendes totalisant 30 millions de dollars pour avoir dépassé son quota d'étudiants dans ses programmes en anglais au cours des années 2023-2024 et 2024-2025.
À cela s'ajoute un retrait des subventions gouvernementales annuelles. Le ministère exige également le remboursement de près de 18 millions de dollars pour des raisons liées aux « règles budgétaires », ce qui représente environ la moitié du budget de l'établissement. Face à cette tempête financière, le collège a dû se placer sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers en début de semaine.
Les étudiants et le personnel en première ligne
« Nous sommes de vrais étudiants, ici. Nous avons l'impression de subir le pire de l'entente », a exprimé Maynard McKinnon, étudiant en deuxième année de design de mode et l'un des organisateurs de la manifestation. La frustration est palpable, d'autant plus que la situation se répète, laissant les nouveaux étudiants et ceux en fin de parcours dans un flou artistique.
Du côté des enseignants, l'espoir d'un compromis demeure. Lara Jabert, professeure en comptabilité et finance présente sur les lieux, a tenu à souligner que le personnel est prêt : « Nos cours sont prêts. Nous continuons à travailler comme si, à tout moment, le gouvernement pouvait dire : "OK, allez-y". »
La direction lance un appel au gouvernement
Claude Marchand, PDG du Collège LaSalle, affirme que l'établissement a besoin d'une période de transition plus longue pour respecter la loi, compte tenu des étudiants déjà inscrits pour un cycle de trois ans. Il soutient avoir alerté le gouvernement dès 2021 sans obtenir de réponse, accusant les ministres de « jouer à l'autruche ».
S'adressant directement à la Première ministre du Québec, Christine Fréchette, il a lancé un appel pressant : « Oubliez l'amende ; envoyez-nous le financement. Nous nous occuperons des enseignants et des étudiants. » Il a également souligné qu'intégrer 3 000 étudiants au réseau des cégeps publics serait une opération difficile, coûteuse et peu pratique pour l'État.
Le gouvernement campe sur ses positions, mais laisse une porte ouverte
Le cabinet de la ministre de l'Enseignement supérieur, Martine Biron, a répondu que le bien-être des étudiants demeure la priorité. Un moniteur indépendant a été mandaté pour faire la lumière sur la situation financière globale du Collège LaSalle.
Le ministère précise que toute proposition de règlement pourra être analysée « en temps utile et par les voies appropriées », tout en maintenant que le retrait des subventions est lié au remboursement des 18 millions de dollars et non directement aux pénalités de la Loi 96.
Une mobilisation qui gagne en ampleur
La manifestation de jeudi n'a pas laissé les passants indifférents, plusieurs automobilistes appuyant sur leur klaxon en signe de solidarité. Le mouvement a également reçu le soutien de la Centrale des syndicats du Québec (CSN), de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ) et de l'Association étudiante de l'Université Concordia.
Comme l'a résumé Benoit Lacoursière, président de la FNEEQ : « Les enseignants, le personnel et les étudiants ne devraient pas être les victimes de cet imbroglio administratif entre le gouvernement et la direction. »
Conclusion : en attente d'un dénouement
Alors que l'automne s'amorce, l'avenir de la session reste en suspens. Les étudiants du Collège LaSalle, pris en otage d'un bras de fer financier et politique, n'ont qu'un seul message : ils veulent reprendre leurs cours. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement, qui devra décider s'il tend la main pour un compromis ou s'il laisse la situation s'envenimer, au détriment de l'année scolaire de milliers de jeunes Montréalais.
Étudiant international touché par une suspension de cours ? Votre couverture santé collective peut cesser avec l'interruption des cours. Un régime individuel pour étudiants du Collège LaSalle reste valide pour toute la durée souscrite, peu importe la situation administrative de votre établissement.
Note : cet article est basé sur les informations publiques rapportées par la Montreal Gazette et les témoignages recueillis lors de la manifestation du 27 août 2026.
